Catégories
CC1-cours Com-Créa

Créer des nuanciers fonctionnels avec Coolors

Un nuancier fonctionnel est un nuancier dont les couleurs voisines sur l’échelle des gris du nuancier ont des valeurs de gris régulièrement étagées. Les valeurs dont il est ici question désignent le degré de luminosité d’une couleur sur une échelle de niveaux de gris allant du noir (luminosité minimale) au blanc (luminosité maximale).

Cette qualité permet de garantir une bonne lisibilité quelque soient les couleurs du nuancier utilisées en premier plan et en arrière plan (… pour le fond et la forme). Un tel nuancier permet d’optimiser l’usage des couleurs choisies sur les déclinaisons des produits de communication imprimés et hébergés. En effet chaque couleur est utilisable sur toute les autres sans perte de contraste.

De plus, quelque soit les problèmes de discrimination chromatique auxquels sont confrontés les lecteurs, un bon étagement de la luminosité des couleurs permet à tous de mieux distinguer forme et fond.

De plus, nous le verrons dans la pratique, construire un nuancier en veillant à l’étagement des valeurs génère des palettes chromatiques assez harmonieuses, pour peu que le nombre des valeurs utilisées soit inférieur à 5.

Remarques préliminaires

Le problème de l’étagement des valeurs (ou degrés de luminosité) des couleurs n’est pas facile à résoudre. Ce problème est directement lié à la manière de convertir les couleurs en niveaux de gris. Il est également lié à la manière de paramétrer numériquement la couleur (CMJN, RGB, HSL, etc.).

Le vocabulaire de la couleur est très spécifique. Les mêmes mots ne recouvrent pas toujours les mêmes concepts suivant qu’ils sont en lien avec la photographie, la peinture, le design graphique, la science de la colorimétrie, etc. De plus, les traductions de l’anglais (en particulier les traductions automatiques) ne donnent pas toujours des résultats très satisfaisants en français… bref, nous abordons là un sujet particulièrement délicat à cerner.

Si vous souhaitez approfondir la question, je vous invite alors à consulter les sites suivants :

Dans ce cours, nous utiliserons alternativement les termes “nuancier” et “palette de couleurs” ou “palettes chromatiques”. Ces 3 termes désignent tous une suite de couleurs choisies pour s’associer dans un contexte précis.

L’application en ligne Coolors

L’application Coolors est d’un usage assez intuitif. Dotée de fonctionnalités de plus en plus nombreuses au fil des versions, elle permet notamment de construire (avec un minimum de méthode) des nuanciers fonctionnels.

La création d’une nouvelle palette de 5 couleurs (nombre des couleurs affichées par défaut) s’effectue en cliquant sur la barre d’espace. Vous pouvez choisir le type d’accord coloré que vous souhaitez générer.

Quand des couleurs vous plaisent et que vous souhaitez les conserver, verrouillez-les en cliquant sur le cadenas affiché au survol de la couleur par le curseur (en bas de la liste des icônes). Appuyez de nouveau sur la barre d’espace pour générer d’autres couleurs. Modifiez la méthode de génération des couleurs si vous le jugez nécessaire (la méthode d’origine es “Auto”).

Concernant les différents types d’accords colorés, je vous renvoie vers les sites et vidéos traitants de la théorie des couleurs.

Évaluation du niveau de gris d’une couleur dans Coolors

La théorie des couleurs ne suffit pas

Dans la pratique la théorie des couleurs ne suffit pas pour créer des nuanciers fonctionnels. Passez votre écran en noir et blanc sur les palettes générées avec les outils qui se réclament de cette théorie, vous constaterez que plusieurs couleurs ont des degrés de luminosité (valeurs) très proches. Ces couleurs sont inutilisables l’une sur l’autre.

Capture d’écran d’un accord en carré sur colorsuplyyy.com
Observez les valeurs identiques des couleurs d’une même palette

L’étagement des valeurs est primordial

Pour évaluer le degré de luminosité (la valeur) des couleurs, j’opte pour la conversion en niveaux de gris par le biais du filtre “Achromatopsia”. Je choisis de lire le pourcentage de noir affiché en CMJN pour évaluer le niveau de gris correspondant.

Dans Coolors, le nom des couleurs est affiché par défaut en mode hexadécimal. Cela ne nous renseigne pas sur le degré de luminosité correspondant en pourcentage de noir (la valeur de la couleur ramenée en niveaux de gris).

En utilisant le filtre Achromatopsia, j’obtiens une conversion en niveaux de gris des couleurs de la palette.

J’applique le filtre pour accéder au nuancier en gris. Il est alors possible de convertir les noms hexadécimaux en pourcentages CMJN. Cela s’effectue en cliquant sur le nom de la couleur (affichée en hexadécimal) puis en choisissant “CMJN” dans la liste des affichages proposés. Dès lors, un clic sur tous les noms hexadécimaux des gris affichera leur équivalent CMJN et donc le pourcentage de noir correspondant.

Un moyen plus rapide de parvenir à lire le pourcentage de noir CMJN des différents gris de la palette convertie consiste à paramétrer en CMJN l’information secondaire placée sous le nom hexadécimal de la couleur.

Pour revenir à la palette des couleurs, utilisez le bouton de retour en arrière (annulation de la dernière opération).

Exemples de nuanciers fonctionnels créés avec Coolors

Les nuanciers fonctionnels présentés maintenant ont chacun leurs particularités. Vous serez attentifs aux couleurs positionnées aux extrémités de chaque nuancier (la couleur la plus foncée et la couleur la plus claire). En effet, il peut s’agir du noir et du blanc mais aussi de couleurs très foncées ou très claires.

Vous remarquerez l’usage de gris colorés (avec pourcentages CMJ) ou neutres (sans pourcentages CMJ) au sein de certaines palettes de couleurs. Le gris s’accorde avec toutes les couleurs et les nuanciers construits avec du gris apportent souvent une note de sérieux à un ensemble de couleurs.

Nuanciers de 3 couleurs

L’étagement régulier des nuanciers de 3 couleurs varie de 50% à 40% suivant la valeur de la couleur la plus foncée et celle de la valeur la plus claire. Avec de tels écarts entre les valeurs des couleurs, on dispose d’une marge de manœuvre importante sans grand risque d’altérer la lisibilité des textes.

Exemples de nuanciers fonctionnels de 3 couleurs et sauvegarde des URL

Les nuanciers fonctionnels ci-dessous intègrent une couleur très foncée (90%) et une couleur très claire (10%). Le premier nuancier présente un accord de teintes analogues (très proches l’une de l’autre sur le cercle chromatique). Le second présente un accord de teintes complémentaires (opposées l’une à l’autre sur le cercle chromatique).

➜ Vous noterez que les URL des nuanciers créés avec Coolors mentionnent les valeurs hexadécimales des couleurs choisies. Sauvegarder l’URL c’est sauvegarder la palette des couleurs.

Nuanciers de 4 couleurs

L’étagement régulier des nuanciers de 4 couleurs varie de 26% à 34% suivant la valeur de la couleur la plus foncée et celle de la valeur la plus claire.

Exemples de nuanciers fonctionnels de 4 couleurs et pourcentages CMJN

Les nuanciers fonctionnels ci-dessous intègrent une couleur très foncée (95%) et une couleur très claire (5%) ainsi qu’un gris coloré à 35%.

➜ Pour voir les différentes notations des couleurs du nuancier, cliquez sur le bouton “View”. Sélectionnez ensuite la couleur voulue dans la fenêtres ”View palette”. Vous pourrez ainsi noter les pourcentages CMJN des couleurs sélectionnées.

Nuanciers de 5 couleurs

L’étagement régulier des nuanciers de 5 couleurs varie de 20% à 25% suivant la valeur de la couleur la plus foncée et celle de la valeur la plus claire.

Exemples de nuanciers fonctionnels de 5 couleurs

Les nuanciers fonctionnels ci-dessous intègrent le noir et le blanc ainsi qu’un gris neutre de 50% (#808080).

Astuces pratiques avec Coolors

Partir de nuanciers de gris étagés pour créer des nuanciers fonctionnels

Pour contrôler l’étagement des valeurs des couleurs des nuanciers fonctionnels, nous avons besoin de repérer quelques valeurs clés en pourcentage de noir. Vous trouverez ci-dessous la listes des valeurs hexadécimales correspondantes

Nuanciers de gris avec noir et blanc

5 valeurs régulièrement étagées
  • 100% ⇄ #000000
  • 75% ⇄ #404040
  • 50% ⇄ #808080 ou #7f7f7f
  • 25% ⇄ #bfbfbf
  • 0% ⇄ #ffffff

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 25%

4 valeurs régulièrement étagées
  • 100% ⇄ #000000
  • 67% ⇄ #555555
  • 33% ⇄ #ababab
  • 0% ⇄ #ffffff

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 33% ou 34%

3 valeurs régulièrement étagées
  • 100% ⇄ #000000
  • 50% ⇄ #808080 ou #7f7f7f
  • 0% ⇄ #ffffff

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 50%

Nuanciers de gris avec couleur très foncée et couleur très claire

5 valeurs régulièrement étagées
  • 90% ⇄ #191919
  • 70% ⇄ #4d4d4d
  • 50% ⇄ #808080 ou #7f7f7f
  • 30% ⇄ #b3b3b3
  • 10% ⇄ #e6e6e6 ou #e5e5e5

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 20%

  • 95% ⇄ #0d0d0d
  • 63% ⇄ #5e5e5e
  • 50% ⇄ #808080 ou #7f7f7f
  • 27% ⇄ #bababa
  • 5% ⇄ #f2f2f2

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 22% ou 23%

4 valeurs régulièrement étagées
  • 90% ⇄ #191919
  • 63% ⇄ #5e5e5e
  • 37% ⇄ #a1a1a1
  • 10% ⇄ #e6e6e6 ou #e5e5e5

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 26% ou 27%

  • 95% ⇄ #0d0d0d
  • 65% ⇄ #545454
  • 35% ⇄ #a6a6a6
  • 5% ⇄ #f2f2f2

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 30%

3 valeurs régulièrement étagées
  • 90% ⇄ #191919
  • 50% ⇄ #808080 ou #7f7f7f
  • 10% ⇄ #e6e6e6 ou #e5e5e5

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 40%

  • 95% ⇄ #0d0d0d
  • 50% ⇄ #808080 ou #7f7f7f
  • 5% ⇄ #f2f2f2

Différence de valeur entre 2 couleurs voisines : 45%

Ces échelles de gris régulièrement étagés sont un excellent point de départ pour construire rapidement un nuancier fonctionnel (surtout s’il doit contenir un gris neutre).

➜ Pour conserver une couleur en cours de recherche, cliquez sur cadenas présent en bas de la liste d’icônes affichées au survol de chaque couleur.

➜ Coolors permet de choisir le type d’accord de teintes à mettre en œuvre lors de la production de couleurs aléatoires (couleurs non verrouillées).

Attention : les nuanciers fonctionnels obtenus avec Coolors doivent être vérifiés en convertissant les images de ces nuanciers en niveau de gris. Des rectifications sont parfois nécessaires 😉

Les nuanciers pour le Web

La question de l’accessibilité est primordiale en design pour le Web. Il existe de nombreux outils de contrôle du contraste de la couleur du texte sur la couleur du fond (comme contrast-ratio.com ou colorable, par exemple).

Des générateurs de nuanciers conformes aux normes d’accessibilité du Web sont disponibles en ligne (comme hello-color ou clrs.cc par exemple). Ces 2 outils proposent seulement des palettes de 2 couleurs (une foncée et une claire), tellement les normes sont contraignantes !

Je vous propose cependant une palette de couleurs moyennes permettant de créer des nuanciers fonctionnels de 3 couleurs (dont le noir et le blanc) respectant la norme d’accessibilité AA (pour toutes les tailles de texte).

Quelques sites permettent de vérifier la compatibilité d’un nuancier entier avec les normes d’accessibilité en vigueur. En voici deux (le premier est plus intuitif à utiliser que le second) :

Catégories
CC1-cours Com-Créa

Structuration, stylisation et composition

Dans ce cours, vous allez apprendre à identifier les trois opérations fondamentales de la composition graphique.

Les opérations de structuration sont souvent envisagées avant les opérations de stylisation et de composition. Dans la pratique, ces opérations sont souvent menées simultanément. Dans le cours d’approfondissement, la composition est abordée en premier.

Introduction

Les 3 opérations fondamentales (structuration, stylisation et composition) sont encadrées par 2 opérations importantes : la préparation du projet et la publication des produits de communication. J’ai schématisé cela dans le dessin ci-dessous.

La cuisine graphique

Pour mieux saisir l’articulation des 3 opérations centrales de la mise en page, nous pouvons comparer la publication (infographie — au sens de PAO) à la restauration (gastronomie).

schéma sur la publication de contenus
Schéma sur la présentation d'ingrédients

1- La structuration du texte

Dans la première partie de la formation Com-Créa, nous nous intéressons prioritairement au texte. La première chose à faire avant d’effectuer la mise en page d’un texte est, comme nous l’avons vu plus haut, de le structurer.

Cette structuration comprend trois opérations incontounables : le découpage en unités significatives, la hiérarchisation des informations et leur ordonnancement selon l’ordre de présentation souhaité.

Le découpage du texte

Le découpage du texte s’effectue en deux temps, celui du découpage fonctionnel et celui du découpage visuel.

Le découpage fonctionnel

Le découpage fonctionnel permet d’identifier les blocs d’information ayant une fonction spécifique dans le texte à mettre en page (bloc-accroche, bloc-titre, bloc-date, bloc-lieu, bloc d’informations utiles, etc.).

Le découpage visuel

Le découpage visuel permet ensuite de déterminer à quels endroits les textes (titres, accroches) ou les lignes vont être coupés lors de la mise en page.

Mis en œuvre par des designers aguerris, ce découpage visuel peut enfreindre les règles habituelles de la typographie et produire un effet visuel original.

L’affiche ci-dessus montre comment le mot PHOTOGRAPHIE
est présenté en étant découpé en 3 parties, les tirets de césure
étant placés (hors règle orthotypographique…) en début de ligne.
Le but de cette disposition est de présenter le titre de l’affiche
sur une grille de 5 x 7 modules.

La hiérarchisation des informations

La hiérarchisation des informations consiste à attribuer à chaque partie du texte un niveau d’importance — numéroté de 1 à n… (n variant selon les types de texte).

Les niveaux hiérarchiques seront clairement perçus après la stylisation et la composition. Cependant, ils sont à définir assez tôt dans le processus de mise en page.

Le modèle de cette affiche, disponible sur Canva, est moins nettement hiérarchisé…

Saisissez “Brocante” dans le champ de recherche des modèles d’affiches, sur la plateforme Canva. Vous trouverez le modèle de l’affiche présentée ci-dessus.

Vous constaterez que la hiérarchisation des informations placée sur le modèle a été améliorée.

L’ordonnancement du texte découpé et hiérarchisé

Découpé et hiérarchisé, le texte à mis en page se présente souvent dans un ordre différent de l’ordre hiérarchique défini plus tôt.

➜ Dans l’exemple de l’affiche sur la brocante, le texte de la version améliorée est constitué de 4 niveaux hiérarchiques présentés dans l’ordre 2-1-3-4.

L’ordre dans lequel ce texte a été rédigé ou celui dans lequel il a été communiqué au designer graphique n’est pas nécessairement l’ordre de répartition du texte dans la page.

2 – La stylisation des contenus

La stylisation des contenus et du texte en particulier consiste à déterminer quelles sont les polices de caractères (fontes) à utiliser et la manière dont celles-ci doivent être utilisées. La stylisation détermine aussi quelles sont les couleurs à utiliser et la manière dont celles-ci doivent être étagées et réparties. Elle détermine aussi quelles sera la morphologie dominante des formes structurantes, des figures, motifs et textures éventuellement utilisées.

La combinaison typographique

La stylisation typographique détermine quelle est la famille de caractères envisagée pour les titres et quelle est la famille typographique est envisagée pour les paragraphes. Une troisième famille de caractères peut être envisagée pour les accroches ou slogans.

Cette étape de la stylisation est nommée en anglais font pairing. De très nombreuses ressources sont disponibles en ligne à ce sujet.

Vous trouverez des informations à ce sujet sur netboard.me, sur le site de ressources intitulé Fondamentaux du lettrage et de la typographie – Combiner des caractères.

L’étagement des valeurs des couleurs

L’étagement des valeurs des couleurs consiste à ménager un contraste de luminosité suffisant et si possible constant entre toutes les couleurs du nuancier envisagé.

➜ Le but de cette règle est de favoriser la création des variantes et des déclinaisons d’un produit de communication. En effet, les couleurs aux valeurs étagées sont permutables sans perte de qualité de contraste. Le confort de lecture est préservé, quelque soient les combinaisons de couleurs utilisées.

Permutations de 4 couleurs aux valeurs étagées sur une même composition

Dans l’exemple des permutations ci-dessus, les valeurs des couleurs ne sont pas étagées régulièrement. On se rend compte sans peine que le vert clair sur le blanc se lit moins bien que le rouge sur le blanc. Il en est de même du jaune sur le blanc en comparaison du rouge sur le blanc (cela se verrait encore plus si le texte le plus petit avait été stylisé en jaune).

La sélection des formes structurantes

La sélection des formes structurantes repose sur la cohérence entre le sujet traité et la symbolique ou la connotation culturelle (ou entreprenariale) des formes envisagées.

Cette sélection répond cependant le plus souvent à des impératifs de structuration visuelle, les formes structurantes permettant notamment d’isoler les textes des images en leur offrant un fond uni ou faiblement contrasté pour en faciliter la lecture. Ces formes peuvent servir de cadre ou d’enveloppe à certaines informations.

Ce visuel est un modèle de mise en page provenant du site Pix Teller

Le choix des figures et motifs utilisables

Le choix des figures et des motifs utilisables s’ajoute à la sélection des formes structurantes. Photographies et illustrations, icônes et pictogrammes sont choisis en cohérence avec la thématique abordé et les objectifs de communication fixés. Il en est de même pour les motifs et les textures devant figurer dans la composition.

La réalisation d’une planche de style

La stylisation se traduit par la réalisation d’une synthèse visuelle des choix effectués sous forme de planche de style (nommée aussi guide de style — style guide).

La réalisation d’une planche de style à partir d’une planche de tendances sera vue lors du niveau 2 de la formation Com-Créa. par ailleurs, dans la suite du niveau 1, la question de l’étagement des couleurs sera abordée de façon détaillée.

3 – La composition des éléments graphiques

Aligner, espacer, contraster

La composition consiste à organiser dans la page les contenus structurés en respectant les choix de stylisation effectués en amont.

Plusieurs opérations de composition sont généralement mis en œuvre à cette étape de la mise en page mais nous en retiendrons 3 dans un premier temps : l’alignement des contenus sur des axes directeurs, l’espacement des contenus et des blocs informatifs (voir plus bas) pour les différencier clairement et la mise en œuvre de plusieurs contrastes pour mettre en valeur les niveaux hiérarchiques.

Aligner pour guider le regard du lecteur

L’alignement des contenus permet au lecteur de repérer la structure visuelle sur laquelle est construit le document.

➜ L’alignement des contenus sur des lignes allant de point remarquable en point remarquable (début ou fin de ligne, angle de forme, etc.) crée des axes directeurs (ou lignes directrices) qui structurent visuellement la mise en page.

Il est opportun d’associer structure visuelle et structure rédactionnelle.

Espacer pour relier ou séparer des informations

L’espacement joue un rôle clé dans la mise en page. Il intervient dans la différenciation ou l’association des lettres, des mots, des lignes, des paragraphes, des colonnes et des sections de page.

Souvent utilisé de manière instinctive, il peut être mis en œuvre de façon consciente et créative, autant pour rapprocher que pour éloigner.

Divers espaces utilisés dans une composition

Prendre appui sur une grille

La troisième opération de composition consiste à prendre appui sur une grille pour positionner les différents éléments graphiques dans l’espace du cadre.

Plusieurs type de grilles sont utilisables, les plus simples sont des division du cadre de composition en surfaces égales proportionnelles.

Ces grilles sont obtenues en divisant la largeur et la hauteur du cadre en 2, en 3, ou en 4. D’autres divisions sont envisageables, à commencer par celles qui sont le double des deux dernières (6 et 8). Il n’est pas rare d’être amené à diviser des quarts en tiers et inversement (voir ci-dessous).

Division d’une page en tiers et quarts avec utilisation des diagonales

Opération annexe : contraster

D’autres opérations s’effectuent parallèlement lors d’une mise en page. L’une d’entre elles consiste à mettre en évidence les informations clés en jouant sur plusieurs contrastes. Il s’agit d’une opération touchant à la fois la stylisation et la composition.

Contraster pour différencier les niveaux hiérarchiques

Pour différencier les niveaux hiérarchiques au sein d’un bloc informatif ou de la page dans son ensemble, le graphiste peut mettre en œuvre plusieurs contrastes :

  • le contraste de taille
  • le contraste de graisse
  • le contraste de gris
  • le contraste de couleur
  • la mise en valeur par encadrement, surlignage, soulignage, ornementation, etc.
Cet exemple de mise en page a été réalisé sur la plateforme Pablo

Il est possible de combiner plusieurs contrastes mais n’oubliez le principe de design suivant : entre deux solutions choisir toujours la plus simple.

Catégories
CC1-cours Com-Créa

Les écritures latines

Dans ce cours, vous allez apprendre à reconnaître une douzaine d’écritures latines. Certaines d’entre elles jouent un rôle important dans de design typographique des polices de caractères que vous utiliserez dans votre pratique professionnelle.

Histoire de l’alphabet

Toutes les écritures latines s’enracinent dans la graphie de l’alphabet latin dont la forme de référence, pour les lettres capitales ou majuscules, demeure l’alphabet monumental romain. Les lettres minuscules dérivent toutes de l’écriture caroline, imposée par Charlemagne dans tout son empire.

L’alphabet latin a été transmis au romains de l’antiquité par les étrusques qui l’avaient emprunté aux grecs. Ceux-ci le tenait des phéniciens qui le partageait avec plusieurs peuples de l’ancienne Palestine. Ceux-ci l’on développé en mixant langue sémitique et écriture hiératique égyptienne.

Vous trouverez des précisions à ce sujet sur les documents et les sites rassemblés sur netboard.me dans une page intitulée Les fondamentaux du lettrage et de la typographie .

Prenez le temps de vous documenter sur le sujet et faites une synthèse de l’itinéraire suivi par l’alphabet, de l’Égypte des pharaons à la Rome antique. Réalisez ce travail sous forme de sketchnote, en associant textes manuscrits et dessin, le long d’un itinéraire graphique que vous traduirez comme vous l’entendez.

Vous trouverez dans les albums Flickr d’Eva-Lotta Lamm des exemples de sketchnotes : https://www.flickr.com/photos/evalottchen/albums

Écritures latines fondamentales

Quand vous avez réalisé votre sketchnote sur l’itinéraire de l’alphabet, cliquez sur l’image ci-dessous, vous accèderez à un document pdf proposant le mot “graphisme”, écrit dans plusieurs écritures latines, de la capitale romaine à l’italique scolaire d’aujourd’hui.

En effet, l’alphabet latin a continué son évolution et les formes des lettres ont évoluées au fil des siècles, donnant naissances à de nombreuses écritures, dont la plupart sont encore utilisées de nos jours. Apprendre à les reconnaître permet d’identifier l’ancrage historique des formes de telle ou telle police de caractères.

En haut à droite de chaque planche, un lien permet d‘accéder au site de téléchargement de la police de caractères utilisée pour présenter l’écriture choisie. Des indications vous sont données concernant l’outil utilisé pour tracer les lettres et la période historique de conception de l’écriture mentionnée.

Imprimez chez vous les planches du document pdf ci-dessus. Découpez chaque planche de telle sorte que soit séparées l’illustration et la légende. Entraînez-vous à reconstituer les planches après avoir mélangé respectivement les légendes et les illustrations.

L’outil détermine la forme du trait

Vous avez certainement remarqué que pendant longtemps, les copistes et les calligraphes ont utilisé pour écrire des outils dont l’extrémité formait un trait large (brosse ou pinceau plate, calame, plume d’oie taillée en biseau). Cette pratique se perpétue aujourd’hui.

Les pleins et les déliés de nombreuses polices de caractères utilisées sur nos ordinateurs ont leur origine dans l’angle de la plume large, maintenu lors du tracé de la lettre.

Il est possible d’obtenir un résultat similaire sans disposer d’un matériel spécialisé. Deux crayons ou stylos à bille suffisent.

Faites des essais sur une feuille de papier, en vous inspirant des modèles sur le document pdf mis à votre disposition/

Vous pouvez utiliser l’application en ligne sketchpad.io pour tracer vos premières lettres calligraphiques à la plume biseautée numérique. Sélectionnez l’outil “Calligraphy” et réglez la largeur (Size) de la plume à 30px. Réglez l’angle de la plume (Tip angle) à 140°.

Premiers tracés calligraphiques

Une tablette graphique et son stylet facilitent la pratique de la calligraphie et du lettrage numérique. Le top est l’utilisation d’un iPad compatible avec le stylet Apple… et le budget qui va avec !

Les écritures dans l’histoire

Les écritures évoluent au fil de l’histoire, la typographie aussi. Le développement de la typographie mécanique, électronique et numérique n’a pas empêché le développement des écritures calligraphiques. Pour vous permettre de visualiser les évolutions ayant eu lieu depuis le bas Moyen-Âge, je vous propose une vision de l’histoire récente par sauts de 3 générations en 3 générations (75 ans).

Les lettres associées aux personnages figurés sur les schémas sont les initiales de leur prénom. Téléchargez le pdf complet pour en savoir davantage.

Les écritures calligraphiques

D’autres écritures sont nées avant les écritures mentionnées ci-dessus. Certaines d’entres elles sont toujours en usage aujourd’hui (capitales romaines et onciales celtiques, notamment).

Les écritures typographiques

Il existe de très nombreuses classifications des écritures typographiques. Les écritures mentionnées ci-dessus coïncident en partie avec la classification Vox-ATYPI.

Catégories
CC1-cours Com-Créa

Les fondamentaux de la communication visuelle

Ce rappel des fondamentaux de la communication visuelle marque la fin du niveau 1 de la formation com-créa. Vous allez mettre en pratique vos nouveaux acquis lors d’une première mise en situation professionnelle (le fameux TP1).

Nous allons faire le point sur les enseignements les plus importants à retenir et à appliquer pour la réalisation de tout projet de design graphique. Il s’agira principalement des règles apprises pour finaliser les aspects suivant d’un projet de comvi :

  • la structuration des contenus
  • La couleur et les nuanciers
  • La typographie et les accords typographiques
  • La composition et les styles graphiques

Affirmations de designers

Je vous propose, pour commencer à réviser, de compléter une courte bande dessinée mettant en scène deux designers graphiques. Ceux-ci énoncent, à tour de rôle, six maximes sur le design graphique.

➜ À vous de formuler les conséquences techniques de ces maximes dans la pratique de la communication visuelle.

Six affirmations de designers sous forme de bande dessinée.

➜ Téléchargez le dossier de cette bande dessinée publiée sous forme de page Web et complétez les dialogues en utilisant un éditeur de code (Brackets ou Notepad++ en local ou encore Repl.it en ligne).

Si vous ne pouvez pas installer sur votre poste l’éditeur de code Brackets et que ne pouvez pas utiliser Notepad++, je vous montrerai comment utiliser Repl.it.

➜ Après avoir complété la page, vous me transmettrez simplement le fichier « index.html » en pièce jointe via Slack (sans les fichiers-dossiers dépendants…)

➜ Pensez à renommer le fichier index et à ajouter vos initiales. Je vous propose cette nomenclature : index-XX.html (XX étant vos initiales).

Si vous avez le temps, vous pouvez personnaliser les personnages utilisés dans la bande dessinée. Si vous souhaitez qu’un seul personnage prenne la parole, pensez à modifier légèrement l’expression d’une case à l’autre, en réalisant plusieurs versions du même personnage.

Pour cela dupliquez et renommez une des images fournies. Ouvrez-la dans Illustrator, faites vos modifications et enregistrez l’image au format SVG. Modifiez les appels des images dans le fichier HTML. Transmettez-moi la ou les nouvelle(s) image(s) avec votre fichier index-XX.html modifié. Je mettrai le tout en ligne à cette adresse : http://graphizm.fr/bd-pedagos/six-affirmations/.

➜ En rajoutant à cette adresse index-XX.html (XX étant vos initiales), vous pourrez voir votre travail et celui de vos collègues (… en changeant les initiales). 😉


Structuration des contenus

Concernant la structuration des contenus avant toute composition, vous retiendrez la formule “Découper à chaud c’est structurer” ou DHO=S. Les lettres D, H et O sont des initiales de 3 mots désignant 3 opérations fondamentales (définissant la structuration en design graphique).


  • Découpage du texte en blocs d’informations cohérents
  • Hiérarchisation des informations selon leur importance
  • Ordonnancement des infos dans des blocs d’information (… et des blocs dans la page, puis des pages dans le livret, etc.)

La structuration précède toutes les opérations qui concernent le look ou l’apparence des contenus. Quand la structuration des infos est négligée ou volontairement zappée, les informations clés sont difficiles à localiser et le message essentiel est noyé dans l’ensemble des autres messages.

Source : litoole.wordpress.com

Certains styles graphiques se caractérisent par une hiérarchisation minimale. Il s’agit donc de faire un choix clair dans ce domaine et d’éviter une hiérarchisation indécise.

➜ Créez un tableau Pinterest consacré à des publications sur lesquelles le texte est fortement hiérarchisé. Créez ensuite un second tableau regroupant des publications sur lesquelles le texte est très peu hiérarchisé.

➜ Vous partagerez ensuite, via Slack, les adresses de ces tableaux.

Couleurs et nuanciers

Dans le domaine de l’utilisation des couleurs, Je n’ai pas de formule mnémotechnique à vous proposer. Quatre points importants sont à retenir.


  • Contraste basé sur la luminosité (ou valeur de gris)
  • Étagement régulier des valeurs des couleurs d’un nuancier
  • Répartition inégales des surfaces colorées (dominante, médiante, tonique)
  • Symbolique prise en compte dans le contexte culturel d’utilisation du produit de communication

En design graphique comme en peinture, dans la pratique, le nuancier utilisé dans une composition est décomposé en de nombreuses nuances, en particulier dans les images. Si vous devez déterminer le nuancier utilisé dans l’affiche ci-dessous, vous êtes contraints de trancher concernant le nombre de jaunes ou de gris utilisés. Un choix similaire s’impose pour déterminer le nuancier de l’affiche Gedimat présentée plus bas.

On décide souvent de ne pas prendre en compte les nuances des couleurs présentes dans les images. Dans ce cas, pour l’affiche ci-dessous, le nuancier se limite à 3 couleurs, le gris très clair (blanc), le jaune et le noir.

Le gris très clair visible sur l’image de l’affiche Kiloutou est en vérité du blanc. Pour s’en assurer, il suffit de prendre connaissance de la charte graphique de Kiloutou, revue en 2016 par l’agence AKDV. Lisez la critique de cette charte sur le blog de Graphéine (lien ci-dessus), vous mesurerez l’enjeu d’un choix typographique pour le design d’un logo. Nous approfondirons ces questions au niveau 2 de la formation Com-Créa.

Source : grenade-sparks.com

Note sur le rapport quantitatif des couleurs

Un peu plus haut, il est question de couleur dominante, de couleur médiante et de couleur tonique. Le vocabulaire est ici le même que dans la musique… ou dans la peinture (de chevalet) ! Pour faire simple nous parlerons de rapport quantitatif concernant les couleurs. Il s’agit de répartir les couleurs du nuancier sur des surfaces inégales : une très grande surface, une ou plusieurs moyennes surfaces et une toute petite surface.

La couleur couvrant la plus grande surface est nommée couleur dominante. Il s’agit souvent de la couleur du fond. La couleur couvrant la plus petite surface est nommée couleur tonique. Il s’agit souvent d’une couleur qui se détache visuellement dans le contexte chromatique de la composition.

Les couleurs médiantes sont celles qui se répartissent sur les surfaces intermédiaires. Avec un nuancier de 2 couleurs, il peut ne pas y avoir de tonique ou ne pas y avoir de médiante (c’est une question de surfaces de répartition). Avec 3 ou 4 couleurs, il est plus facile de faire jouer le rôle de tonique, d’accent ou de focus à l’une des couleurs.

Sur l’affiche Kiloutou présentée plus haut, quelles sont la couleur dominante et la couleur tonique ?

Note sur la fonction des couleurs

Pour décrire les couleurs en design graphique, on focalise parfois le propos sur la fonction de chaque couleur dans la composition. Quand on dit que la couleur dominante est généralement la couleur de fond, l’expression “couleur de fond” se rapporte à la fonction de la couleur (et non à sa quantité).

Ainsi, on parle de couleur de focus ou de couleur d’accentuation pour désigner une couleur servant à mettre en valeur un élément de la composition, la partie d’un texte ou la partie d’une image.

On peut aussi parler de “couleur de texte” ou de “couleur de titrage”, pour désigner les couleurs utilisées respectivement pour le texte courant et pour les titres.

Source : designe.fr

Sur l’affiche Gedimat présentée ci-dessus, vous remarquerez que le rouge est la couleur dominanteLa tonique est le bleu vif, sur la gauche de la coque du bateau.

➜ Toujours sur l’affiche Gedimat, présentée ci-dessus, quelle est la couleur de texte ?

D’un point de vue fonctionnel, vous noterez que le rouge est utilisé comme couleur de focus dans la partie inférieure de l’affiche (pour mettre en valeur les dates).

➜ Combien de couleurs sont utilisées dans l’affiche Gedimat ? Quel est le nuancier utilisé pour composer cette affiche ?

Typographie et lettrage

En matière de choix typographiques, rappelez-vous que nous avons classé les polices de caractères dans 5 grandes catégories (acronyme DANSE…) :

  • les sérieuses (caractères à empattements triangulaires ou polices “serif” comme le Times ou le Merriweather)
  • les neutres (caractères sans empattement ou police “sans serif” comme l’Arial ou le Roboto)
  • les amicales (caractères cursifs ou manuscrits comme le Comic Sans ou le Pacifico)
  • les expressives (caractères très contrastés à la forte présence comme le Bodoni Poster ou l’Abril Fatface
  • les décoratives (caractères à l’usage très limité du fait de leurs particularités comme le Blippo Black ou le Monoton)

Vous vous souviendrez de quatre principes fondamentaux.


  • Utilisez les typos expressives, décoratives ou amicales, pour le titrage seulement (jamais pour le texte courant)
  • Utilisez, pour le texte courant, les typos neutres ou sérieuses, dans la mesure impérative où elles sont disponibles en au moins 4 styles (Regular ou Normal, Bold ou Gras, Italic ou Italique, Bold Italic ou Gras Italique)
  • Utilisez un système de ratio proportionnel pour étager la taille de vos caractères en fonction du niveau hiérarchique du texte
  • Prenez en compte la symbolique culturelle des typos que vous utilisez dans vos projets

Source : behance.net

Compo et styles graphiques

La composition graphique fait appel à de nombreuses compétences. Elle est mise en action après avoir choisi les couleurs (le nuancier), l’accord typographique (la combinaison de polices de caractères) et éventuellement les formes structurantes.

Vous essaierez de vous rappeler de la nécessité de mettre en œuvre les quatre opérations clés listées ci-dessous.


  • Aligner les informations qui doivent être lues ensemble
  • Espacer les blocs d’informations pour bien les individualiser
  • Équilibrer les masses graphiques de telle sorte que la composition ne bascule ni à droite ni à gauche
  • Rythmer la disposition des blocs et des formes dans la page

Au cours du niveau 1 de la formation “Com-créa” et “PAO-Tech”, vous avez pris connaissance de plusieurs styles graphiques et de plusieurs types de composition. Avez-vous pris le temps d’en sélectionner et d’en analyser quelques uns en détails pour être capables de les mettre en œuvre ?

Charlotte, sur le blog Studio Pop Com, présente très simplement quelques styles graphiques.

Concernant le style graphique vintage, il est assez vite nécessaire de faire des distinctions entre les décennies du XXe siècle. Consultez l’article Graphic design styles (… à faire traduire en français par Google) pour mieux vous y retrouver.

Source : onlinedesignteacher

Les styles de compositions ne doivent pas être confondus avec les styles graphique. Il s’agit d’une des caractéristiques d’un style graphique.

Prenons l’exemple du style que nous avons étudié de manière plus approfondi, celui du style suisse et international. Choix des typos : linéales. Choix des couleurs : très peu de couleurs et souvent du noir ou du blanc dans le nuancier. Choix des formes : géométriques et/ou épurées. Choix des compositions : utilisation d’une grille, orthogonalité et/ou inclinaison du texte, composition asymétrique.

Source : onlinedesignteacher

Complétez votre compte Pinterest en consacrant un tableau à chaque style ou type de composition que vous souhaitez pouvoir utiliser ultérieurement.

Les intitulés de vos tableaux et sous-tableaux dans Pinterest doivent être précis et véritablement en rapport avec leur contenu. Constituez des tableaux ou des sous-tableaux présentant au moins une dizaine d’épingles pertinentes. Plus votre classement sera logique, plus vous pourrez exploiter facilement les ressources collectées.


Se souvenir des opérations à effectuer en design graphique

Une carte disponible sur Mindmeister vous propose un moyen de vous souvenir des principes essentiels à mettre en œuvre lors d’une composition graphique.

➜ Repérez dans les illustrations publiées dans ce cours la mise en œuvre de compositions CHARTÉES. Annotez ces images de manière à mettre en évidence les opérations mentionnées et partagez-les via Slack.

Vous retrouverez d’autres résumés des opérations fondamentales à mettre en œuvre pour le TP1 sur le site du Studio BenZiv. Présentés sous forme de diaporamas ils vous parlent de compositions MALINES et de design ÉCLAIRÉ.

Je termine ce rappel des notions essentielles du niveau 1 de la formation com-créa en vous rappelant que le premier principe de design est le principe de simplicité.

Un petit ouvrage disponible en ligne semble résumer tout cela sur pro-actif.ca. Enfin… sur la couleur, c’est un peu léger 😉

Il y a un article de Henri Lotin qui aborde ces points assez frontalement, sur lotincorp.biz… et au passage, jetez un œil sur un autre de ses articles à propos du principe de simplicité, vous apprendrez des trucs intéressants !

J’aime bien le “blogue” de Mlle Rouge… elle nous y parle clairement de fondamentaux (de son point de vue) ! Allez voir ce qu’elle dit dans ses autres articles, c’est plutôt sensé 😀

Regroupez ces liens pour nourrir votre veille informationnelle. Je vous recommande l’utilisation de Deskyo pour regrouper vos favoris (l’inscription est gratuite).

Check list des opérations à effectuer

J’ai composé une liste de toutes les opérations à effectuer lors de la mise en œuvre d’un produit de communication visuelle. Chaque case mentionne une opération.

En cochant les 25 cases, vous êtes sûr d’avoir pris en compte tous les aspects essentiels du design graphique. La dernière case oriente le travail vers une publication imprimée mais il suffit de remplacer « imprimeur » par « hébergeur » pour modifier l’orientation de la publication 😉

Le dossier que vous êtes invités à télécharger est un dossier de page Web. Celui-ci contient deux dossiers, « css » et « js », avec les fichiers qui vont bien à l’intérieur. Vous trouverez aussi un fichier « index.html »…

➜ Un double clic sur le fichier index et vous voilà parés pour faire le point à la fin des prochains TP 😉

Approfondir le sujet

Voici quelques adresses pour trouver en ligne plus de documentation sur le sujet :

Catégories
CC1-cours Com-Créa

Les couleurs en design graphique

Nous allons voir dans ce cours quels sont les fondamentaux de l’utilisation de la couleur en design graphique.

Nous aborderons en particulier la question du choix des couleurs en fonction de la thématique du message à communiquer. Nous verrons aussi comment construire des nuanciers fonctionnels garantissant la lisibilité des textes mis en page.

En guise d’introduction, je vous propose de visionner un diaporama réalisé avec le framework BIG. Testez les touches J (jump) P (print) et T (talk) 😉

http://graphizm.fr/com-crea/couleurs-design-graphique/#0

L’essentiel du cours est dans ce diaporama ! Sans image (ou presque)…

Dans le navigateur Chrome, ouvrez le diaporama avec ce navigateur et enfoncez la touche « P ». Le diaporama s’affiche sous une forme imprimable que vous pourrez annoter ultérieurement.

Capture d'écran annotée de la fenêtre d'impression de Chrome.

Liste de thèmes abordés dans le diaporama “Les couleurs en design graphique”

  • Les couleurs qui rassurent les utilisateurs (qui plaisent aux utilisateurs) VS Les couleurs qui nous plaisent
  • Les couleurs qui fonctionnent bien ensemble VS Les couleurs qui vont bien ensemble
  • Les couleurs qui aident à structurer la présentation d’un message VS Les couleurs qui n’aident pas à comprendre le message
  • Les couleurs qui coopèrent avec les autres composantes graphiques (textes, images, cadres, motifs, textures, etc.) VS Les couleurs qui ne collaborent pas avec les autres composants graphiques
  • Les couleurs qui permettent de guider l’utilisateur-lecteur vers l’essentiel VS Les couleurs qui perdent le lecteur
  • Les couleurs utilisées en petit nombre VS Les couleurs utilisées en grand nombre
  • Les couleurs aux valeurs régulièrement étagées VS Les couleurs aux valeurs non étagées
  • Les couleurs qui favorisent la lisibilité (et la visibilité) VS Les couleurs qui n’aident pas à mieux voir et mieux lire les contenus
  • Les couleurs qui respectent les codes graphiques d’un secteur professionnel VS Les couleurs qui ne respectent pas les codes d’un secteur professionnel
  • Les couleurs qui entrent en correspondance avec le sujet traité VS Les couleurs qui ne collent pas au sujet traité
  • Les couleurs qui priment sur les logos VS Les couleurs qui ne jouent aucun rôle dans une identité visuelle
  • Les couleurs choisies en début de processus de design VS Les couleurs choisies en fin de processus de mise en page

➜ Quels sont les points sur lesquels vous disposez de bases solides ? Quels sont les points que vous souhaiteriez approfondir ? Quels sont les points qui ne vous “parlent” absolument pas ?

Les couleurs en pratique

Prenons le temps d’approfondir quelques thématiques listées plus haut.

Les couleurs qui nous rassurent

Nous avons continuellement besoin d’être rassurés. De ce fait, les couleurs rassurantes ne sont pas des teintes jugées apaisantes par tel ou tel spécialiste mais bien les couleurs que nous nous attendons à rencontrer aux endroits où elles sont sensées se trouver !

Je suis rassuré si la croix de la pharmacie du coin est verte, si la voiture des pompiers est rouge, si l’ambulance est blanche (ou jaune), si le tract de promotion de mon vendeur de pizzas est vert et rouge, si mon ordinateur est noir ou gris, si l’affiche pour l’expo sur le grand requin blanc au musée de la mer est bleue, etc.

Il y a toujours des francs-tireurs, mais ce sont soit des grosses marques qui n’ont pas grand chose à perdre, soit des « petits » qui essayent de se démarquer (…par rapport aux autres « petits »).

Les couleurs qui fonctionnent bien

Le design professionnel est en général centré sur les utilisateurs, sur leurs besoin de clarté dans l’agencement des choses, de facilité d’utilisation des objets (concrets ou virtuels), de simplicité. Les designers affirment que le design suit la fonction. Concernant la couleur, le choix d’une couleur suit l’analyse de la fonction de l’objet coloré.

Parlons de la couleur des ambulances… c’est d’actualité ! Elles sont généralement blanches. Blanches comme la tenue du personnel hospitalier (ou du moins l’idée qu’on s’en fait…), blanches comme par opposition aux véhicules noirs des pompes funèbres. Eh bien vous avez certainement déjà croisé des ambulances jaunes ! Ces dernières se voient mieux (et pas seulement en Belgique).

Je vous invite à lire ces articles, consacrés à une nouvelle couleur d’ambulance, sur laprovince.be et sur chu-poitiers.fr

Les couleurs d’un secteur professionnel

Lors de tout brief préalable à la réalisation d’un

Pour illustrer la question des codes chromatiques dans tel ou tel secteur professionnel, je vous propose de lire cet article sur nouvelobs.com. Il y est question du secteur de la promotion cinématographique.

Les couleurs qui collent avec le sujet abordé

Ce qui rend la couleur cohérente avec le sujet traité relève de ce qui s’appelle la symbolique des couleurs. Loin d’être aussi subjectif que nous pourrions le penser, la symbolique des couleurs est une donnée culturelle (culture continentale, nationale, régionale, familiale, etc.) fortement ancrée dans notre esprit.

Je vous recommande le site evolutiongraphique.com pour approfondir le sujet.

➜ Saisissez « symbolique des couleurs » dans Pinterest, vous trouverez de nombreuses infographie sur le sujet !

Des couleurs que tous distingent bien

Nous en avons déjà parlé et nous avons tous (je crois…) fait les tests de discrimination chromatique. Si quelqu’un ne les a pas fait, c’est sur studiobenziv.wordpress.com 😉

Faites une recherche sur Google Images sur le daltonisme, vous allez voir que la question de la fonctionnalité et de la symbolique des couleurs ne se pose pas de la même manière pour tout le monde ! Les designers graphiques, qui se soucient des utilisateurs de leurs produits, prennent en compte ces anomalies de perception en misant sur d’autres paramètres pour permettre la distinction entre deux composants colorés.

C’est là que la valeur de la couleur (son niveau de luminosité, ou son équivalent en niveau de gris) prend toute son importance. Le contraste de valeurs établit une différence visible par tous, même par les personnes devant composer quotidiennement avec leur achromatopsie (encore une recherche intéressante à faire dans Google images !).

Des couleurs qui rendent les formes visibles et lisibles

Vous l’avez compris, tout est une question de contraste et en particulier de contraste de valeurs (ou contraste de luminosité). Vous allez apprendre à travailler comme si vous observiez votre travail à travers un appareil photo numérique réglé sur noir et blanc.

Créer et utiliser des nuanciers fonctionnels

Concrètement, un designer graphique choisit d’utiliser des couleurs en fonction du contraste qu’elles présentent les unes sur les autres. S’il souhaite mettre en valeur un texte ou une forme en utilisant la couleur, il choisira une couleur de fond (arrière-plan) dont la valeur de gris sera très différente de celle de l’objet mis en avant. A contrario, s’il souhaite dissimuler une information, il jouera sur un faible contraste de valeurs de gris entre forme informative et fond.

Utiliser des palettes de couleurs étagées

La question de l’étagement des valeurs des couleurs est clairement abordée dans le domaine du webdesign. On trouve donc sur le Web des palettes de couleurs RVB classées par valeurs et étagées régulièrement du blanc au noir.

Voici une palette de couleurs RVB dont les couleurs ont été étagées par valeurs de gris. Sa correspondance en niveaux de gris permet de se faire une juste idée de la qualité de l’étagement des gris. Cette palette est une simulation réalisée au sein de l’Université de Berkeley, en Californie, pour afficher en RVB le nuancier utilisé par le WCS (World Color Survey). Il est surprenant de constater à quel point la perception des couleurs fausse notre perception des valeurs de gris !

Faites un clic-droit > Enregistrer sous et récupérez ces images sur vos postes pour les utiliser dans vos productions RVB.

Palette de couleurs RVB étagées, des plus claires aux plus foncées.
Palette de valeurs étagées, des plus claires aux plus foncées, réalisée à partir de sa version en couleur.

En ouvrant ces images dans Photoshop et en survolant les couleurs avec la pipette activée, vous pourrez lire dans le panneau « Informations » les valeurs de gris des différentes couleurs. Si vous ne lisez pas le même type d’infos que sur la capture d’écran ci-dessous, pensez à régler les options du panneau « Informations ».

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est infos-valeur-couleur-1.png.

Voici d’autres palettes Web, bien étagées, utilisées pour le design des sites du gouvernement des États-Unis.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est uswds-standard-color-wheel-2.6.0.jpg.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est uswds-vivid-color-wheel-2.6.0.jpg.

➜ Une conversion en CMJN de la palette ci-dessus, retouchée pour en étager régulièrement les valeurs des couleurs, est disponible en ligne au format tif.

Note : cette palette est perfectible car plusieurs couleurs utilisent de très faibles pourcentages des couleurs primaires ou du noir (pourcentages inférieurs à 5%). Dans la mesure du possible, approchez la couleur choisie en supprimant ces petits pourcentages et vérifiez sa valeur de gris après ajustement.

Utiliser une palette de couleurs moyennes

➜ Pour composer des nuanciers de 3 couleurs régulièrement étagées intégrant le noir et le blanc, vous pouvez utiliser une palette de couleurs moyennes normalisées. Dans cette palette, les couleurs moyennes présentent un contraste suffisant sur le noir et le blanc pour répondre à la norme d’accessibilité AA pour toutes les tailles de caractères. Cette norme pour le webdesign exige un ratio de contraste entre 2 couleurs supérieur à 4.5. Pour en savoir plus à ce sujet, consultez les sites proposés en bas de la page Web indiquée.

Faites l’expérience suivante : téléchargez l’image ci-dessus et convertissez-la en niveaux de gris dans Photoshop. Toutes les couleurs moyennes auront une valeur de gris proche de 54% et ne se distingueront plus l’une de l’autre.

Notez que vous pouvez constituer des nuanciers de 4 couleurs avec cette palette. La seule contrainte sera de ne jamais utiliser les 2 couleurs moyennes l’une sur l’autre. On parle alors de nuanciers avec des couleurs substituables de même valeur de gris.

Utiliser une palette accessible

Les futures chartes graphiques utiliseront nécessairement des nuanciers de couleurs étagées répondant aux normes d’accessibilité en vigueur. En effet, toute entreprise doit désormais communiquer en ligne et par conséquent tenir compte des contraintes du média Web.

Palette de couleurs accessibles avec explications sur le site source

La palette interactive présentée ci dessus permet de créer des nuanciers accessibles en respectant quelques règles simples. La personnalisation de la palette nécessite de modifier des variables CSS dans le code source de la page. Des explications détaillées sont données sur la page Web correspondante. Le principe de construction de telles palettes de couleurs concerne tous les designers graphiques et non seulement les webdesigners.

Conclusion

Vous voilà munis des références essentielles pour construire rapidement des nuanciers pertinents et fonctionnels.

3 points à retenir dans tout cela :

  • Le designer graphique choisit la couleur dominante de son produit de communication en fonction du code symbolique et culturel du public cible. Il se documente donc sur la culture du public visé.
  • Le designer graphique construit son nuancier pour favoriser la visibilité et la lisibilité de ce qu’il veut montrer (donner à lire). Il commence donc ses recherches en niveaux de gris.
  • Le designer graphique anticipe l’utilisation de son nuancier sur le Web et veille à étager ses couleurs pour favoriser l’accessibilité de ses produits de communication.

Une dernière petite chose aussi : les gris sont des « couleurs » très intéressantes dans un nuancier fonctionnel… À utiliser sans modération. 😄